TRIBUNE CHEMINOT (Janvier 2009)
LA DÉPRESSION OU LE BON DÉBUT ?
Il est des moments où l’on se sent seul, bien seul, si seul. Et ce sentiment est minant, déprimant.
Janvier, et singulièrement sa deuxième quinzaine, est un mois réputé, tous les psys vous le diront, pour être particulièrement propice au déclenchement de dépressions.
En effet, pendant la période hivernale, le manque de lumière semble affecter, de plus en plus de personnes surtout celles qui travaillent dans des lieux peu éclairés, et pourquoi pas, disons-le, dans l’ombre.
Pour soigner cette dépression saisonnière, deux remèdes s’offrent au malade : la quinzaine de vacances au soleil, ou la cure d’héliothérapie.
Ces deux traitements n’étant pas remboursés par l’INAMI et peu accessibles, pécuniairement, au simple citoyen, au travailleur, il lui reste à « chiquer son mal ».
S’offre cependant à lui une alternative : s’ouvrir à l’extérieur, s’ouvrir au monde.
Mais voilà, allumez votre radio, votre poste de télévision, ouvrez votre quotidien favori : on y parle que de guerres, de crises et de dépressions qu’elles soient économiques, financières ou sociales. En cela, janvier 2009, et c’est heureux, se distingue de ses homologues du même nom mais d’autres millésimes, par son accumulation de dépressions de tout genre, de tout poil.
Le malade en quête de remède n’a plus pour solution que de se tourner vers son entourage, ses partenaires, voire ses adversaires ; la lutte et le combat n’agissent-ils pas aussi en terme de thérapie ?
Et c’est là que la liste des abonnés absents montre toute son importance. Et la solitude de poser un peu plus encore.
On pourrait se demander ce que ces considérations quelque peu métaphysiques viennent faire dans un article de Tribune, journal syndical s’il en est ?
C’est que, lors de toutes les cérémonies, réceptions et autres fêtes de Nouvel An, on nous a enrobé des meilleurs vœux et des meilleurs souhaits qu’il soit. On nous a prédit le bon, le bien et le mieux et pour longtemps encore : prospérité, joie, bonheur sont autant de mots qui ont été adressés à notre enseigne et qui résonnent encore dans l’esprit de notre récepteur.
Pendant ce temps, la roue tournait et les événements s’enchaînaient les uns aux autres, les déconvenues aussi…
29 décembre…
La « loi-programme » est publiée au Moniteur Belge.
En ce qui concerne les Entreprises Publiques à laquelle le « Titre 9 » est consacré, on y trouve des mesures visant à accroître l’indépendance organisationnelle et décisionnelle du gestionnaire d’infrastructure.
Si on pouvait s’attendre à un certain nombre de dispositions, suite à la « mise en demeure de la Commission Européenne », le texte est une véritable bombe dès lors qu’il rompt (partiellement) le principe d’interperméabilité et de mobilité du personnel entre les 3 Sociétés du groupe SNCB, principe pourtant incontournable que nous avions gravé dans le marbre en l’inscrivant dans les annexes du Statut du Personnel.
Au-delà, une lecture approfondie du texte nous enseigne que si tout devait rester en l’état, le fonctionnement même de certains organes aussi importants que le Comité de Pilotage serait compromis.
Ceci est d’autant plus grave que ce Comité de Pilotage est l’organe chargé d’accompagner la nouvelle structure et que le rapport BERGER, (dont on ignore toujours les suites qui lui seront réservées) prévoit de modifier lesdites structures.
Etant donné que parmi nos « partenaires », personne n’a jugé utile de nous consulter préalablement sur le sujet, on n’a pu que travailler à posteriori et tenter de ramasser les pots cassés.
Et là, on se sent seul, bien seul… !
30 décembre…
Le Gouvernement VAN ROMPUY Ier, prête serment dans les mains du Roi. Inge VERVOTTE s’en est allée par solidarité avec ses proches, et nous héritons d’un nouveau Ministre, Steven VANACKERE, Vice-Premier de surcroît.
Si on peut ne pas avoir toujours tout partagé avec Madame VERVOTTE, nous lui reconnaîtrons, à tout le moins, qu’elle était proche du mouvement ouvrier, fût-il chrétien et flamand, et défenderesse des services publics.
Quant à Monsieur VANACKERE même, si on le dit issu de l’aile Gauche du CD&V, on sait qu’il a travaillé pour Herman VAN ROMPUY dans le passé avant d’être Chef de Cabinet de Jos CHABERT.
Sans vouloir jouer les cassandres et préférant « juger sur pièce », le portrait qui en est fait dans certains médias, soulève quand même quelques inquiétudes. Ainsi, peut-on lire dans « LE VIF-L’EXPRESS » du 23 janvier : « En dépit de son ancrage à gauche, VANACKERE, plus pragmatique qu’idéologue, pourrait également réserver quelques mauvaises surprises aux partisans les plus inconditionnels des services publics. Comme le remarque Jos CHABERT, « au CD&V, l’aile gauche a toujours été très proche du Centre ».
Décidément, on se sent seul, si seul… !
COURANT JANVIER…
Le dossier péréquation des pensions est discuté dans les organes paritaires. Nous avons depuis toujours affiché la volonté de faire appliquer l’amendement que nous avions à l’époque, seul, négocié.
Mais, parlons-en de cet amendement…
Pour ce qui concerne les services compétents de la SNCB, on y est réticent puisque cela impliquera un lourd traitement administratif, technique, historique et de suivi complémentaire. Mais, on nous l’assure, on fera, comme souvent, contre mauvaise fortune bon cœur et on se pliera aux décisions prises.
Pour qu’il y ait décision d’appliquer l’amendement, il faut accord unanime de toutes les parties et c’est là que ce bât blesse. Alors que le principe même semblait acquis, nos partenaires, relayés en cela par ceux qui veulent éviter l’application de l’amendement lui ont trouvé tous les maux du monde et ce, avec la ferveur du maître en quête de bâtons pour corriger son chien.
Le vrai aspect social qui consisterait à donner un peu plus aux moins nantis et un peu moins aux mieux servis, sera balayé d’un revers de main avec des arguments pour le moins discutables. Bref, ce sera le flop !
Contre la mauvaise volonté, rien ne peut lutter surtout pour l’être esseulé.
Et de se sentir seul, vraiment seul, très très seul !
Voilà, ainsi est planté le décor de ce début d’année !
Devant cette espèce de dépression « postpartum » d’une non-maman qui n’aurait même pas connu les joies de la gestation, il nous appartient de se serrer les coudes de réagir afin que la dépression n’atteigne pas la collectivité sociale.
Elle serait alors signe de résignation et d’abnégation et ouvrirait la perte à bien d’autres maux plus terribles encore.
Alors, réagissions, reprenons force et vigueur, représentons nos vœux de bonheur et de joie, le 26 janvier n’était-ce pas le Nouvel An chinois ? Et cette année, c’est du bœuf ! Osons espérer que ce sera meilleur que le cochon ou le rat !
Janvier, et singulièrement sa deuxième quinzaine, est un mois réputé, tous les psys vous le diront, pour être particulièrement propice au déclenchement de dépressions.
En effet, pendant la période hivernale, le manque de lumière semble affecter, de plus en plus de personnes surtout celles qui travaillent dans des lieux peu éclairés, et pourquoi pas, disons-le, dans l’ombre.
Pour soigner cette dépression saisonnière, deux remèdes s’offrent au malade : la quinzaine de vacances au soleil, ou la cure d’héliothérapie.
Ces deux traitements n’étant pas remboursés par l’INAMI et peu accessibles, pécuniairement, au simple citoyen, au travailleur, il lui reste à « chiquer son mal ».
S’offre cependant à lui une alternative : s’ouvrir à l’extérieur, s’ouvrir au monde.
Mais voilà, allumez votre radio, votre poste de télévision, ouvrez votre quotidien favori : on y parle que de guerres, de crises et de dépressions qu’elles soient économiques, financières ou sociales. En cela, janvier 2009, et c’est heureux, se distingue de ses homologues du même nom mais d’autres millésimes, par son accumulation de dépressions de tout genre, de tout poil.
Le malade en quête de remède n’a plus pour solution que de se tourner vers son entourage, ses partenaires, voire ses adversaires ; la lutte et le combat n’agissent-ils pas aussi en terme de thérapie ?
Et c’est là que la liste des abonnés absents montre toute son importance. Et la solitude de poser un peu plus encore.
On pourrait se demander ce que ces considérations quelque peu métaphysiques viennent faire dans un article de Tribune, journal syndical s’il en est ?
C’est que, lors de toutes les cérémonies, réceptions et autres fêtes de Nouvel An, on nous a enrobé des meilleurs vœux et des meilleurs souhaits qu’il soit. On nous a prédit le bon, le bien et le mieux et pour longtemps encore : prospérité, joie, bonheur sont autant de mots qui ont été adressés à notre enseigne et qui résonnent encore dans l’esprit de notre récepteur.
Pendant ce temps, la roue tournait et les événements s’enchaînaient les uns aux autres, les déconvenues aussi…
29 décembre…
La « loi-programme » est publiée au Moniteur Belge.
En ce qui concerne les Entreprises Publiques à laquelle le « Titre 9 » est consacré, on y trouve des mesures visant à accroître l’indépendance organisationnelle et décisionnelle du gestionnaire d’infrastructure.
Si on pouvait s’attendre à un certain nombre de dispositions, suite à la « mise en demeure de la Commission Européenne », le texte est une véritable bombe dès lors qu’il rompt (partiellement) le principe d’interperméabilité et de mobilité du personnel entre les 3 Sociétés du groupe SNCB, principe pourtant incontournable que nous avions gravé dans le marbre en l’inscrivant dans les annexes du Statut du Personnel.
Au-delà, une lecture approfondie du texte nous enseigne que si tout devait rester en l’état, le fonctionnement même de certains organes aussi importants que le Comité de Pilotage serait compromis.
Ceci est d’autant plus grave que ce Comité de Pilotage est l’organe chargé d’accompagner la nouvelle structure et que le rapport BERGER, (dont on ignore toujours les suites qui lui seront réservées) prévoit de modifier lesdites structures.
Etant donné que parmi nos « partenaires », personne n’a jugé utile de nous consulter préalablement sur le sujet, on n’a pu que travailler à posteriori et tenter de ramasser les pots cassés.
Et là, on se sent seul, bien seul… !
30 décembre…
Le Gouvernement VAN ROMPUY Ier, prête serment dans les mains du Roi. Inge VERVOTTE s’en est allée par solidarité avec ses proches, et nous héritons d’un nouveau Ministre, Steven VANACKERE, Vice-Premier de surcroît.
Si on peut ne pas avoir toujours tout partagé avec Madame VERVOTTE, nous lui reconnaîtrons, à tout le moins, qu’elle était proche du mouvement ouvrier, fût-il chrétien et flamand, et défenderesse des services publics.
Quant à Monsieur VANACKERE même, si on le dit issu de l’aile Gauche du CD&V, on sait qu’il a travaillé pour Herman VAN ROMPUY dans le passé avant d’être Chef de Cabinet de Jos CHABERT.
Sans vouloir jouer les cassandres et préférant « juger sur pièce », le portrait qui en est fait dans certains médias, soulève quand même quelques inquiétudes. Ainsi, peut-on lire dans « LE VIF-L’EXPRESS » du 23 janvier : « En dépit de son ancrage à gauche, VANACKERE, plus pragmatique qu’idéologue, pourrait également réserver quelques mauvaises surprises aux partisans les plus inconditionnels des services publics. Comme le remarque Jos CHABERT, « au CD&V, l’aile gauche a toujours été très proche du Centre ».
Décidément, on se sent seul, si seul… !
COURANT JANVIER…
Le dossier péréquation des pensions est discuté dans les organes paritaires. Nous avons depuis toujours affiché la volonté de faire appliquer l’amendement que nous avions à l’époque, seul, négocié.
Mais, parlons-en de cet amendement…
Pour ce qui concerne les services compétents de la SNCB, on y est réticent puisque cela impliquera un lourd traitement administratif, technique, historique et de suivi complémentaire. Mais, on nous l’assure, on fera, comme souvent, contre mauvaise fortune bon cœur et on se pliera aux décisions prises.
Pour qu’il y ait décision d’appliquer l’amendement, il faut accord unanime de toutes les parties et c’est là que ce bât blesse. Alors que le principe même semblait acquis, nos partenaires, relayés en cela par ceux qui veulent éviter l’application de l’amendement lui ont trouvé tous les maux du monde et ce, avec la ferveur du maître en quête de bâtons pour corriger son chien.
Le vrai aspect social qui consisterait à donner un peu plus aux moins nantis et un peu moins aux mieux servis, sera balayé d’un revers de main avec des arguments pour le moins discutables. Bref, ce sera le flop !
Contre la mauvaise volonté, rien ne peut lutter surtout pour l’être esseulé.
Et de se sentir seul, vraiment seul, très très seul !
Voilà, ainsi est planté le décor de ce début d’année !
Devant cette espèce de dépression « postpartum » d’une non-maman qui n’aurait même pas connu les joies de la gestation, il nous appartient de se serrer les coudes de réagir afin que la dépression n’atteigne pas la collectivité sociale.
Elle serait alors signe de résignation et d’abnégation et ouvrirait la perte à bien d’autres maux plus terribles encore.
Alors, réagissions, reprenons force et vigueur, représentons nos vœux de bonheur et de joie, le 26 janvier n’était-ce pas le Nouvel An chinois ? Et cette année, c’est du bœuf ! Osons espérer que ce sera meilleur que le cochon ou le rat !
Bon début à toutes et à tous !
G. GELMINI,
Président.