mercredi 30 avril 2008

Editorial de "La Tribune Cheminots" d'avril 2008.

CGSP Cheminots - TRIBUNE CHEMINOT – Avril 2008.

Editorial.

UN ACCORD SOCIAL 2008-2009 EN PROJET …

Même si entamer des négociations en vue de l’obtention d’un accord social est toujours un exercice particulièrement périlleux, cette fois, l’objectivité voudra que l’on reconnaisse que le contexte était pour le moins défavorable.

Au niveau politique d’abord…

Bien que nous ayons commencé les premiers échanges dès janvier, il n’a été possible de rentrer dans le vif du sujet que quand il est réellement apparu que la coalition gouvernementale, provisoirement aux affaires depuis Noël, serait reconduite après Pâques, après quelques remaniements parfois surprenants. Nonobstant, la tendance droitière, bien ancrée au sein de l’exécutif n’a guère souffert de cette attente ce qui, quand il s’agit de défendre une entreprise publique et son personnel, n’augure rien de réjouissant.

De plus, la trop longue absence de Gouvernement stable n’a pas permis de mener à bien, dans les délais, les négociations relatives aux contrats de gestion ce qui rajoute encore un peu plus d’incertitude au flou dans lequel nous œuvrions.

Sur le plan économique…

La conjoncture, l’explosion des prix des denrées de première nécessité si elles ne font qu’accréditer les justes attentes des travailleurs, vont, via l’adaptation automatique des salaires, nous conduire à deux (voire même peut-être trois) indexations en peu de temps. Cela nous rappelle un temps que les moins de vingt ans n’ont jamais connu et qui, mis en parallèle à l’obligation de stabilisation de la dette à laquelle est soumise l’entreprise, n’incite guère, pour elle, à bourse délier.

Sur le plan social…

Le peu de marge laissée par l’accord interprofessionnel (la fameuse norme salariale, fût-elle indicative, de 5,5% inflation incluse), l’absence de convention au plan intersectoriel, l’impact du pacte des générations et les difficultés à recruter dans certaines qualifications considérées comme stratégiques par l’entreprise sont autant d’éléments qui n’ont pas plaidé en notre faveur tout comme n’ont pas été d’un grand secours les quelques accords conclus dans d’autres départements de la fonction publique.

Ajoutons que le timing devenait serré si nous voulions tenir un congrès statutaire serein et que, en tout état de cause, nous n’avons pas toujours été aidés par certains partenaires comme nous pouvions être en droit de l’attendre.

Bref, l’affaire était mal emmanchée…

C’est dans ce contexte, pour le moins difficile, que nous avons déposé un cahier revendicatif, certes ambitieux mais conforme aux légitimes attentes des cheminots eu égard aux efforts, par eux consentis, en termes de productivité et de flexibilité et aux bons résultats du Groupe ferroviaire.

Pour mémoire, notre cahier comportait 4 volets relatifs à l’emploi, l’aspect qualitatif, le bien-être au travail et le pouvoir d’achat.

Mais sur l’autre banc, celui que l’on qualifie à juste titre de patronal, on n’entendait pas en rester là. Et de venir, de ce côté-là de la table, aussi, avec des exigences quant à la disponibilité et la flexibilité du personnel et une volonté féroce d’améliorer encore les chiffres opérationnels.

Plus on allait de l’avant, plus les chemins paraissaient s’écarter les uns des autres…

Il n’empêche qu’après de longues après-midis, d’interminables soirées voire des morceaux de nuits, nous sommes arrivés à un « préaccord » qui sera présenté dans les différentes régionales aux cours des jours prochains.

Partant, même s’il est inutile d’en donner, ici, le contenu exhaustif, les permanents étant en possession de tous les éléments, certains chapitres méritent d’être épinglés.

L’emploi

Nous avions mis l’accent sur nos exigences en cette matière : maintenir, à tout le moins, les 37.000 Equivalents Temps Plein et les 38.000 postes, très majoritairement couverts par le recrutement de statutaires en ayant une attention particulière aux peu qualifiés.

Mission accomplie, de ce côté, et c’est loin d’être négligeable, dès lors que le texte nous garantit, au minimum les 37.000 ETP, les 38.000 agents, 1.800 recrutements par an (essentiellement statutaires) jusqu’en 2012 dont 20% dans les rangs 9, 8 et 7.

Aux fins de rendre notre service « recrutement » plus efficace face à l’énorme défi qu’il aura à relever, les procédures seront aménagées afin que les délais soient raccourcis sans que ceci ne restreigne les possibilités et les obligations existantes en matière d’accès aux épreuves et d’égalité de traitement des candidats.

Un chapitre est également consacré au comblement des emplois de rang 3 universitaire, basé sur le concept de description de fonctions, ainsi qu’à la possible valorisation de l’expérience utile acquise à l’extérieur avant le recrutement.

Le développement des carrières

Les méthodes dites modernes de gestion du personnel, par les compétences et les talents, chères à tout ce qui se veut ressembler à du « H.R. branché » gagnent petit à petit du terrain, y compris à la SNCB. Un paragraphe est consacré à cette vision pourtant bien discutable.

En revanche, les examens de sélection seront revus en vue de valoriser plus vite et mieux l’expérience acquise. Exit donc les connaissances théoriques et livresques inutiles, place aux aptitudes professionnelles et à l’acquisition des compétences comportementales requises.

Le plan de carrière des fonctionnaires sera également revu dans un but de modernité, d’actualisation et de comblement des besoins d’encadrement par des ressources statutaires puisées parmi les candidats internes. Les désignations des cadres dans la carrière de gestion suivront, enfin, des procédures uniformes, transparentes et objectives.

En vue d’augmenter les chances de promotion sur place vers des grades mieux rémunérés et de faciliter la réaffectation du personnel disponible, certains cadres seront fusionnés (ex : ajusteurs mécaniciens et agents de l’ajustage – agents de maintenance voie et spécialisés)

On veillera à éviter des requalifications inutiles en cas d’inaptitude médicale et, simultanément, une formule consacrant le « temps partiel pour raisons médicales » sera recherchée. Il sera mis fin à l’anomalie des primes en cas de remise au travail d’un accidenté du travail. En ce qui concerne les agents disponibles et les inaptitudes professionnelles, de nouvelles solutions seront recherchées.

La formation

Les objectifs de la formation seront poursuivis dans le double but de rencontrer les besoins des Directions et les souhaits des agents. Il s’agit là de préparer aux épreuves, de donner des possibilités de formation continue et de préparation aux métiers de demain. En outre, il sera proposé aux agents qui veulent parfaire leur connaissance de la 2ème langue de suivre des cours facultatifs en dehors des heures de service.

Prestations du personnel

C’est dans ce chapitre que la direction a fait preuve du plus d’intransigeance. Il s’agit d’augmenter le nombre de jours de congé collectif et de ponts jusqu’à 10 jours obligatoires minimum dans les ateliers centraux (la demande initiale était de 13) ; de réduire la neutralisation des retards de trains par une « franchise de 15 minutes » (ils voulaient la suppression pure) ; de réduire la plage admissible de l’horaire variable (nous avons limité leur appétit) ; de supprimer les 13 CCP des nouveaux rangs 3 accédant au plan de carrière (leur souhait était la suppression pure pour tous les rangs 3).

Des dispositions spécifiques au personnel roulant seront paritairement recherchées et négociées en matière d’attributions, d’alternements et de durée de la journée de travail pour le trafic marchandise.

D’autre part, les contacts seront intensifiés et poursuivis pour faire reporter à janvier les changements de séries de décembre.

Temps partiels et fins de carrière

Le Groupe cherchera, autant que possible à répondre favorablement aux demandes de travail à temps partiel. Des priorités en fonction de l’âge ou de circonstances familiales ou particulières seront accordées.

En ce qui concerne les fins de carrière, nous nous sommes inspirés du crédit-temps existant dans le secteur privé pour forcer des avancées (encore par trop limitées) dans l’obligation d’accorder le bénéfice du 22 HR/2004 pour les agents soumis à des métiers réputés lourds, dangereux ou insalubres. Ceci concerne :

· tous les agents des rangs 8 et 9 et ce à partir de 55 ans,

· tous les agents du rang 7 également à partir de 55 ans sauf en ce qui concerne ceux travaillant en équipes successives où des réserves pourraient être émises,

· les agents des rangs 5 et 6 travaillant en équipes successives, à partir de 56 ans, sauf contraintes opérationnelles.

Mutations – Sécurité

Des formules seront négociées en vue de limiter les changements de siège de travail qualifiés d’abusifs par la Direction (ils appellent çà des mutations de confort).

En revanche, la Direction s’engage à rendre rapidement impératives les mutations et installations prescrites. S’il s’agit d’une mutation au sein de la même société, le dépassement du délai raisonnable sera soumis à l’arbitrage de l’Administrateur-Délégué. S’il s’agit d’une mutation entre 2 sociétés, ce sont les Comités de Direction qui seront appelés à la rescousse.

En matière de sécurité et de lutte anti-agression, des moyens complémentaires devraient être mis à disposition (via les contrats de gestion), plus de partenariats seront recherchés avec les polices locales et des fonctionnaires en prévention spécialisés dans ce domaine seront recrutés. Le Masterplan anti-agression (comportant 45 mesures) sera mis en œuvre.

Volet social

L’assurance-hospitalisation est reconduite tant pour les actifs que pour les pensionnés. Si, pour cette deuxième catégorie le montant des primes réclamé par l’assureur devait excéder le montant 2007 indexé, c’est le Comité National des Oeuvres Sociales qui prendrait ses responsabilités.

En ce qui concerne les places d’accueil dans les crèches, une recherche sera entamée en vue d’en réserver dans le cadre d’un ou de plusieurs projets-pilotes.

En matière de facilités de circulation, à partir de 2009, tous les agents du rang 5 bénéficieront des billets Benelux de 1ère classe.

Le Comité de la Masse d’habillement sera réactivé.

La possibilité de réserver ou d’aménager des emplacements de parking sûrs aussi pour les agents qui utilisent leur véhicule privé pour se rendre au travail sera examinée.

Les points-contact pour les pensionnés seront réorganisés et un Web-site spécifique sera développé.

Pouvoir d’achat

Nous avons obtenu (arraché serait plus correct) :

· Une augmentation de 640€ dans les barèmes, en 2 tranches de 320€ (01/07/2008 et 01/07/2009). Notons que nous avons voulu cette augmentation barémique forfaitaire, donc la même pour tous quel que soit son grade, son niveau. Inscrite dans les barèmes, elle donnera lieu à péréquation.

· Une augmentation de certaines primes de 10%, une revalorisation du travail du samedi de 10% et du travail de nuit de 5% (au 01/01/2008).

· Une augmentation de la valeur faciale des chèques-repas de 0,70€, portée ainsi à 5,50€ (au 01/07/2008).

Conclusion

Cet accord a été négocié dans un contexte pour le moins néfaste. Certes, on eut pu espérer mieux. Assurément certains le considéreront comme insuffisant. Mais c’est avec la conviction d’avoir arraché le maximum, jusqu’au dernier carat, de n’avoir cédé que le strict minimum que les négociateurs l’ont porté devant le Bureau National du secteur ce lundi 28 avril.

In fine, c’est le Comité National du 9 mai qui aura le dernier mot, le vôtre.

Si le « non » devait triompher, chacun devrait prendre ses responsabilités et adopter et faire adopter la réaction ad hoc.

En revanche, si le « oui » l’emporte, dans une bonne année on remettra le couvert, on préparera un nouveau cahier revendicatif et on repartira à l’assaut, cet accord n’étant conclu que pour 2 ans (n’en déplaise à la Direction qui voulait un étalement 2008-2010). A vous de juger !

G. Gelmini

Président

samedi 26 avril 2008

Pré-accord social ? On examinera çà lundi !

L'accord social - Revue de presse du 26 avril 2008

SNCB
Un projet d'accord social présenté lundi

Belga

Mis en ligne le 26/04/2008
Le préavis de grève qu'ils avaient déposé arrivait à échéance le mercredi 30 avril. Les syndicats avaient menacé d'observer, mardi 29 avril à partir de 22 h, une grève de 24 h.

Durant la nuit de vendredi à samedi, les syndicats et la direction de la SNCB sont parvenus à trouver un projet d'accord social, a annoncé Jos Digneffe, le représentant flamand de la CGSP-Cheminots à l'agence Belga. « Le texte du projet sera soumis à la base lundi. En fonction de sa réaction, nous déciderons d'entamer ou pas des actions de grève. »

Les fédérations syndicales et la direction de la SNCB sont arrivées à un projet d'accord dans la nuit de vendredi à samedi. « Tout ce que je peux dire, c'est que ce texte est déjà beaucoup plus équilibré que le précédent », a remarqué le syndicaliste socialiste. Celui-ci n'a pas souhaité s'étendre sur le contenu du texte avant de le présenter à la base lundi. « La direction a essayé de nous imposer un rapport de force mais, maintenant, ce n'est plus le cas », poursuit Jos Digneffe. « Les divergences se sont nettement atténuées car tout le monde a mis un peu d'eau dans son vin. »

Le texte sera soumis lundi aux adhérents. C'est à ce moment-là que les syndicats décideront s'ils entameront ou pas leurs actions. Le préavis de grève qu'ils avaient déposé arrivait à échéance le mercredi 30 avril. Les syndicats avaient menacé d'observer, mardi 29 avril à partir de 22 h, une grève de 24 h.

Selon les syndicats, il y avait un déséquilibre entre ce que la SNCB proposait à ses travailleurs et ce qu'elle leur demandait en retour. Les propositions ne remplissaient, en effet, pas les attentes légitimes des travailleurs compte tenu des efforts consentis en ce qui concerne la productivité, la flexibilité et l'adaptabilité nécessaire aux nouvelles structures.

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SNCB : projet d'accord social présenté lundi

26/04/2008 03:00

Durant la nuit de vendredi à samedi, les syndicats et la direction de la SNCB sont parvenus à trouver un projet d'accord social, a annoncé Jos Digneffe, le représentant flamand de la CGSP-Cheminots à l'agence Belga. « Le texte du projet sera soumis à la base lundi. En fonction de sa réaction, nous déciderons d'entamer ou pas des actions de grève. »

Les fédérations syndicales et la direction de la SNCB sont arrivées à un projet d'accord dans la nuit de vendredi à samedi. « Tout ce que je peux dire, c'est que ce texte est déjà beaucoup plus équilibré que le précédent », a remarqué le syndicaliste socialiste. Celui-ci n'a pas souhaité s'étendre sur le contenu du texte avant de le présenter à la base lundi. « La direction a essayé de nous imposer un rapport de force mais, maintenant, ce n'est plus le cas », poursuit Jos Digneffe. « Les divergences se sont nettement atténuées car tout le monde a mis un peu d'eau dans son vin. » Le texte sera soumis lundi aux adhérents. C'est à ce moment-là que les syndicats décideront s'ils entameront ou pas leurs actions. Le préavis de grève qu'ils avaient déposé arrivait à échéance le mercredi 30 avril. Les syndicats avaient menacé d'observer, mardi 29 avril à partir de 22 h, une grève de 24 h. FDB/(DMJ) ./. ()


levif.be

dimanche 20 avril 2008

Journée du souvenir des résistants, Bxl-Central le 19/04/08

dimanche 13 avril 2008

La flexibilité ! ...A la SNCB ?

Terme encore mal interprété ou mal compris, dans le monde des travailleurs, car mal défini (et c'est voulu!).

Nous pourrions cependant le traduire comme ceci, par exemple:

Flexibilité (version patronale): Adaptation pour une utilisation plus qualitative des ressources humaines dans l'entreprise.

Flexibilité (version réelle): Moyen par lequel un patron utilise au maximum le potentiel humain de son entreprise afin d'en tirer le meilleur rendement, le meilleur profit, et donc surtout d'améliorer ses gains, ses bénéfices, au détriment des travailleurs, de leur qualité de vie et de leur bien-être au travail.

Les moyens employés sont multiples, cela va de la suppression de petits avantages sociaux, mais aussi et surtout l'introduction d'une gestion plus "arbitraire" du personnel. La perte des acquis sociaux est inéluctable, dans un système privilégiant une plus grande flexibilité.

QUID DE CE QUI SE PASSERA DEMAIN DANS LES CHEMINS DE FER ?

Les discussions sont actuellement en cours entre les patrons de la SNCB et les O.R., à propos de l'accord social à venir; et à l'heure actuelle, nous ne pouvons présager de ce qui nous attend demain. Quoiqu'il en soit, gageons que nos négociateurs auront à cœur de ne pas céder face aux ardeurs patronales, qui, pour des cacahuètes accordées au "menu-fretin" que sont les cheminots, sont plus que probablement prêts à leur ôter une bonne partie de leurs avantages sociaux et introduire une plus grande flexibilité (tel fut le cas à la Poste, par exemple).

La flexibilité n'est pas une "tendance à la mode" tombée par hasard à un moment propice. Elle fait partie des prérogatives européenne négociées dans les accords de Lisbonne; elle est dictée par le patronat, qui en veut toujours et encore plus, ....toujours au détriment de la qualité de vie du travailleur!

Dans ce gouvernement "Leterme 1er" (gageons qu'il ne soit pas seulement le premier, mais surtout le dernier!), les services publics sont dans la ligne de mire. Un article qui en dit long sur l'accord gouvernemental (cliquez sur ce lien pour en lire les commentaires).

Voir aussi l'article publié le 29 août 2007 sur le blog 1 à propos de la flexicurité (cliquez ici).

vendredi 4 avril 2008

Revue de presse

Ces voyageurs bagarreurs

(02/04/2008)

240 cas recensés dans les gares de la SNCB en 2007. Bruxelles-Midi est le gros point noir!

BRUXELLES L'actualité récente nous a souvent amené à parler de la violence que subit le personnel de la SNCB, notamment les accompagnateurs de train. Mais on évoque peu les agressions commises dans les gares. Des incidents nombreux mais heureusement en diminution.

Selon des chiffres émanant du Central d'appels Sécurité de la SNCB et relayés auprès des parlementaires par la ministre des Entreprises publiques Inge Vervotte (CD & V), 241 faits de ce type ont été dénombrés en 2007 (jusqu'au 30 novembre). C'est moins qu'en 2006, où 352 rixes entre usagers avaient été recensées. 284 ont été répertoriés en 2005 et 214 en 2004. Rien n'indique s'il s'agit de rixes entre voyageurs ou entre personnes de passage dans les gares.

Il est évidemment des gares où le service Securail, voire la police fédérale des transports, est obligé d'intervenir plus régulièrement. La palme du site où les faits sont les plus nombreux revient à Bruxelles-Midi : 52 cas pour les onze premiers mois de 2007 et 77 en 2006. La seconde gare la plus concernée par le phénomène est celle de Bruxelles-Nord, qui jouxte le quartier chaud de Bruxelles, avec 15 cas en 2007 et 22 en 2006. Vient ensuite la gare Centrale avec 14 agressions entre voyageurs et 22 en 2006. Ce classement n'est pas étonnant à partir du moment où il concerne les trois gares les plus importantes du royaume, la première concentrant des lignes internationales (Thalys, Eurostar) et les deux autres étant fort fréquentées par les navetteurs. Ces trois gares abritent également des SDF.

Les gares wallonnes ne sont pas non plus exemplaires dans ce domaine. La SNCB a recensé 12 bagarres à Charleroi-Sud, 12 à Liège-Guillemins, 11 à Mons, 8 à Tubize-Clabecq... En Flandre, les gares les plus touchées sont celles de Malines avec 11 faits ainsi que celles de Louvain et de Gand-Saint-Pierre avec 8 faits à chaque fois. Anvers-Central, qui est un noeud ferroviaire important de notre royaume, semble être une gare très calme avec deux faits repris sur les tablettes de 2007.

Ces bagarres peuvent être contenues. Mais il arrive que les choses dégénèrent. "Si le calme ne peut être rétabli ou lorsqu'il y a des blessés à la suite de l'échauffourée, des mesures judiciaires sont alors prises par les services de police d'intervention", ajoute Inge Vervotte. Car le principe à appliquer par le personnel "vis-à-vis de toute réaction éventuellement agressive est de ne jamais mettre en danger sa sécurité personnelle et de demander l'aide des services de sécurité via le Central d'appels."

Karim Fadoul

© La Dernière Heure 2008



Le policier se jette sur les rails

(01/04/2008)

L'agent namurois des chemins de fer était en ligne avec son épouse lorsqu'il s'est donné la mort en gare d'Etterbeek

BRUXELLES Tim Vercammen avait bien préparé son acte. L'agent du service des chemins de fer de la police fédérale affecté à Namur a expliqué les raisons de son suicide dans une lettre.

Le policier de 37 ans a pris soin de déposer ce courrier au bureau de sa femme, situé à Bruxelles, avant de se rendre à quelques minutes de là, à la gare d'Etterbeek, où il a choisi de commettre l'irréparable. Il était passé 8 h de quelques minutes hier matin lorsque Tim Vercammen s'est jeté sur les rails. Il est mort sur le coup.

Pour des raisons sentimentales

Le policier, qui n'a pas mis fin à ses jours pour des raisons professionnelles mais bien pour un motif sentimental, a téléphoné à sa compagne avant de se donner la mort. Par GSM, il l'a avertie de ses intentions avant de sauter une fois qu'un train passait devant le quai. Le train, qui effectuait la ligne Luxembourg-Bruxelles ne devait pas s'arrêter en gare. Il est donc passé lentement devant le quai avant d'accélérer. C'est à ce moment-là que Tim Vercammen en a profité, en bout de quai, pour se jeter sur les rails.

L'homme qui avait deux enfants, leur a laissé une lettre. Lettre qu'il serait ainsi allé déposer au bureau de sa femme à Bruxelles.

Suite à ce suicide, les voyageurs du train qui a percuté le policier ont dû patienter pendant une heure et demie avant de pouvoir quitter les wagons et embarquer à bord d'un autre train.

Le trafic n'a toutefois pas été fortement perturbé, nous indiquait ce lundi Infrabel, le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire belge. Les trains n'ont affiché que cinq à dix minutes de retard. À midi, tout était rétabli. Deux heures plus tôt, le parquet de Bruxelles était descendu sur place afin de constater les faits.

Du côté de Namur, où Tim Vercammen travaillait à la police des chemins de fer, l'homme est décrit comme un policier compétent qui savait parler quatre langues et était très apprécié.

Tim Vercammen savait également s'y prendre avec les sans-abri traînant dans les gares, avec qui il avait noué un contact positif.

Hier matin, Tim était en civil lorsqu'il a mis fin à ses jours. Il ne supportait plus sa situation sentimentale, n'acceptant pas que celle qu'il aimait tant puisse éventuellement le repousser.

Nawal Bensalem

© La Dernière Heure 2008



SNCB
Environ 100 suicides par an sur le rail

V.R.

Mis en ligne le 27/03/2008
Sur la petite centaine de suicides recensés sur son réseau par an, la SNCB en comptabilise 70 en Flandre. Elle subit un préjudice total supérieur à 300 000 euros.

Chaque année, il y a environ une petite centaine de personnes qui choisissent de mettre fin à leurs jours en se jetant sous un train. C'est ce qui ressort de la réponse écrite livrée récemment par la ministre belge des Entreprises publiques, Inge Vervotte (CD & V), à un député qui l'interrogeait sur le sujet.

Le nombre de suicides sur le réseau ferroviaire est relativement constant : 96 en 2005, 97 en 2006 et 93 en 2007 (mais ce chiffre-là devra sans doute être revu à la hausse dans la mesure où, comme le précise la ministre, "les données pour l'année 2007 n'ont pas encore été entièrement intégrées"). Cela veut donc dire qu'en Belgique, environ un suicide sur 20 a lieu sur une voie de chemin de fer.

Le chiffre varie cependant assez fort d'une région à l'autre. Les chiffres donnés par Inge Vervotte indiquent que la toute grosse majorité des suicides enregistrés sur le réseau se produisent en Flandre : 70 sur les 96 recensés en 2005, 66 sur les 97 recensés en 2006 et 70 sur les 93 déjà recensés en 2007. En comparaison, les suicides sont plutôt rares ailleurs dans le pays. En Wallonie, la société nationale des chemins de fer en a comptabilisé 22 en 2005, 26 en 2006 et 21 en 2007 alors pourtant que le réseau y est nettement plus étendu qu'en Flandre. A Bruxelles, le nombre de suicides sur le rail est encore plus faible : 4 en 2005, 5 en 2006 et seulement 2 en 2007.

La ministre ne donne pas vraiment d'explication à ces différences régionales. Inge Vervotte fait quand même remarquer que les accidents sont liés à la vitesse avec laquelle passent les trains et à l'accessibilité des voies. Elle émet dès lors l'hypothèse selon laquelle "le nombre réduit de cas à Bruxelles est lié à la faible vitesse des trains en région bruxelloise".

Frais à charge de l'assurance

Suicides et tentatives de suicides - lesquelles sont, sur le réseau ferré belge, à peu près aussi nombreuses que les suicides - coûtent cher à la SNCB. Les voies doivent être neutralisées, les conducteurs sous le choc doivent être pris en charge, etc.

La ministre Inge Vervotte a livré les montants. Au total, suicides et tentatives de suicide ont coûté 427480 euros en 2005, 363465 euros en 2006 et 259415 euros (chiffres provisoires) en 2007.

La SNCB récupère - ou tente de récupérer - le montant du préjudice. Le plus souvent, la récupération se fait via l'assurance familiale. Si aucune assurance n'a été souscrite, la compagnie des chemins de fer dépose, le cas échéant, une plainte devant le notaire en charge de la succession. "Mais, précise la ministre CD & V, les membres de la famille ne seront en aucun cas tenus responsables du préjudice occasionné à la SNCB à la suite d'un suicide ou d'une tentative."

Source: "La Libre"