vendredi 4 avril 2008

Revue de presse

Ces voyageurs bagarreurs

(02/04/2008)

240 cas recensés dans les gares de la SNCB en 2007. Bruxelles-Midi est le gros point noir!

BRUXELLES L'actualité récente nous a souvent amené à parler de la violence que subit le personnel de la SNCB, notamment les accompagnateurs de train. Mais on évoque peu les agressions commises dans les gares. Des incidents nombreux mais heureusement en diminution.

Selon des chiffres émanant du Central d'appels Sécurité de la SNCB et relayés auprès des parlementaires par la ministre des Entreprises publiques Inge Vervotte (CD & V), 241 faits de ce type ont été dénombrés en 2007 (jusqu'au 30 novembre). C'est moins qu'en 2006, où 352 rixes entre usagers avaient été recensées. 284 ont été répertoriés en 2005 et 214 en 2004. Rien n'indique s'il s'agit de rixes entre voyageurs ou entre personnes de passage dans les gares.

Il est évidemment des gares où le service Securail, voire la police fédérale des transports, est obligé d'intervenir plus régulièrement. La palme du site où les faits sont les plus nombreux revient à Bruxelles-Midi : 52 cas pour les onze premiers mois de 2007 et 77 en 2006. La seconde gare la plus concernée par le phénomène est celle de Bruxelles-Nord, qui jouxte le quartier chaud de Bruxelles, avec 15 cas en 2007 et 22 en 2006. Vient ensuite la gare Centrale avec 14 agressions entre voyageurs et 22 en 2006. Ce classement n'est pas étonnant à partir du moment où il concerne les trois gares les plus importantes du royaume, la première concentrant des lignes internationales (Thalys, Eurostar) et les deux autres étant fort fréquentées par les navetteurs. Ces trois gares abritent également des SDF.

Les gares wallonnes ne sont pas non plus exemplaires dans ce domaine. La SNCB a recensé 12 bagarres à Charleroi-Sud, 12 à Liège-Guillemins, 11 à Mons, 8 à Tubize-Clabecq... En Flandre, les gares les plus touchées sont celles de Malines avec 11 faits ainsi que celles de Louvain et de Gand-Saint-Pierre avec 8 faits à chaque fois. Anvers-Central, qui est un noeud ferroviaire important de notre royaume, semble être une gare très calme avec deux faits repris sur les tablettes de 2007.

Ces bagarres peuvent être contenues. Mais il arrive que les choses dégénèrent. "Si le calme ne peut être rétabli ou lorsqu'il y a des blessés à la suite de l'échauffourée, des mesures judiciaires sont alors prises par les services de police d'intervention", ajoute Inge Vervotte. Car le principe à appliquer par le personnel "vis-à-vis de toute réaction éventuellement agressive est de ne jamais mettre en danger sa sécurité personnelle et de demander l'aide des services de sécurité via le Central d'appels."

Karim Fadoul

© La Dernière Heure 2008



Le policier se jette sur les rails

(01/04/2008)

L'agent namurois des chemins de fer était en ligne avec son épouse lorsqu'il s'est donné la mort en gare d'Etterbeek

BRUXELLES Tim Vercammen avait bien préparé son acte. L'agent du service des chemins de fer de la police fédérale affecté à Namur a expliqué les raisons de son suicide dans une lettre.

Le policier de 37 ans a pris soin de déposer ce courrier au bureau de sa femme, situé à Bruxelles, avant de se rendre à quelques minutes de là, à la gare d'Etterbeek, où il a choisi de commettre l'irréparable. Il était passé 8 h de quelques minutes hier matin lorsque Tim Vercammen s'est jeté sur les rails. Il est mort sur le coup.

Pour des raisons sentimentales

Le policier, qui n'a pas mis fin à ses jours pour des raisons professionnelles mais bien pour un motif sentimental, a téléphoné à sa compagne avant de se donner la mort. Par GSM, il l'a avertie de ses intentions avant de sauter une fois qu'un train passait devant le quai. Le train, qui effectuait la ligne Luxembourg-Bruxelles ne devait pas s'arrêter en gare. Il est donc passé lentement devant le quai avant d'accélérer. C'est à ce moment-là que Tim Vercammen en a profité, en bout de quai, pour se jeter sur les rails.

L'homme qui avait deux enfants, leur a laissé une lettre. Lettre qu'il serait ainsi allé déposer au bureau de sa femme à Bruxelles.

Suite à ce suicide, les voyageurs du train qui a percuté le policier ont dû patienter pendant une heure et demie avant de pouvoir quitter les wagons et embarquer à bord d'un autre train.

Le trafic n'a toutefois pas été fortement perturbé, nous indiquait ce lundi Infrabel, le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire belge. Les trains n'ont affiché que cinq à dix minutes de retard. À midi, tout était rétabli. Deux heures plus tôt, le parquet de Bruxelles était descendu sur place afin de constater les faits.

Du côté de Namur, où Tim Vercammen travaillait à la police des chemins de fer, l'homme est décrit comme un policier compétent qui savait parler quatre langues et était très apprécié.

Tim Vercammen savait également s'y prendre avec les sans-abri traînant dans les gares, avec qui il avait noué un contact positif.

Hier matin, Tim était en civil lorsqu'il a mis fin à ses jours. Il ne supportait plus sa situation sentimentale, n'acceptant pas que celle qu'il aimait tant puisse éventuellement le repousser.

Nawal Bensalem

© La Dernière Heure 2008



SNCB
Environ 100 suicides par an sur le rail

V.R.

Mis en ligne le 27/03/2008
Sur la petite centaine de suicides recensés sur son réseau par an, la SNCB en comptabilise 70 en Flandre. Elle subit un préjudice total supérieur à 300 000 euros.

Chaque année, il y a environ une petite centaine de personnes qui choisissent de mettre fin à leurs jours en se jetant sous un train. C'est ce qui ressort de la réponse écrite livrée récemment par la ministre belge des Entreprises publiques, Inge Vervotte (CD & V), à un député qui l'interrogeait sur le sujet.

Le nombre de suicides sur le réseau ferroviaire est relativement constant : 96 en 2005, 97 en 2006 et 93 en 2007 (mais ce chiffre-là devra sans doute être revu à la hausse dans la mesure où, comme le précise la ministre, "les données pour l'année 2007 n'ont pas encore été entièrement intégrées"). Cela veut donc dire qu'en Belgique, environ un suicide sur 20 a lieu sur une voie de chemin de fer.

Le chiffre varie cependant assez fort d'une région à l'autre. Les chiffres donnés par Inge Vervotte indiquent que la toute grosse majorité des suicides enregistrés sur le réseau se produisent en Flandre : 70 sur les 96 recensés en 2005, 66 sur les 97 recensés en 2006 et 70 sur les 93 déjà recensés en 2007. En comparaison, les suicides sont plutôt rares ailleurs dans le pays. En Wallonie, la société nationale des chemins de fer en a comptabilisé 22 en 2005, 26 en 2006 et 21 en 2007 alors pourtant que le réseau y est nettement plus étendu qu'en Flandre. A Bruxelles, le nombre de suicides sur le rail est encore plus faible : 4 en 2005, 5 en 2006 et seulement 2 en 2007.

La ministre ne donne pas vraiment d'explication à ces différences régionales. Inge Vervotte fait quand même remarquer que les accidents sont liés à la vitesse avec laquelle passent les trains et à l'accessibilité des voies. Elle émet dès lors l'hypothèse selon laquelle "le nombre réduit de cas à Bruxelles est lié à la faible vitesse des trains en région bruxelloise".

Frais à charge de l'assurance

Suicides et tentatives de suicides - lesquelles sont, sur le réseau ferré belge, à peu près aussi nombreuses que les suicides - coûtent cher à la SNCB. Les voies doivent être neutralisées, les conducteurs sous le choc doivent être pris en charge, etc.

La ministre Inge Vervotte a livré les montants. Au total, suicides et tentatives de suicide ont coûté 427480 euros en 2005, 363465 euros en 2006 et 259415 euros (chiffres provisoires) en 2007.

La SNCB récupère - ou tente de récupérer - le montant du préjudice. Le plus souvent, la récupération se fait via l'assurance familiale. Si aucune assurance n'a été souscrite, la compagnie des chemins de fer dépose, le cas échéant, une plainte devant le notaire en charge de la succession. "Mais, précise la ministre CD & V, les membres de la famille ne seront en aucun cas tenus responsables du préjudice occasionné à la SNCB à la suite d'un suicide ou d'une tentative."

Source: "La Libre"